Alexandre

Publié le par les tontons chroniqueurs

 

Date de sortie cinéma : 5 janvier 2005

Réalisé par : Oliver Stone

Avec : Colin Farrel, Angelina Jolie, Val Kilmer, ...

Allemand, français, néerlandais, britannique ; 2h50

 

La vie d'Alexandre le Grand, narrée par Ptolémée : de son enfance à sa mort, des cours d'Aristote aux conquêtes qui firent sa légende, de l'intimité aux champs de bataille. Fils du roi Philippe II, il soumit la Grèce révoltée, fonda Alexandrie, défit les Perses, s'empara de Babylone et atteint l'Indus pour établir à 32 ans l'un des plus grands empires ayant jamais existé.

 

 

 

 

 

Grand spécialiste de l'histoire des Etats-Unis ("JFK", "Né un 4 juillet", "Nixon", ...), Oliver Stone s'attaque cette fois à un tout autre genre de film historique puisqu'il remonte le temps avant même la naissance du Christ, à l'époque d'Alexandre le Grand, l'un des plus grands conquérants de tout les temps. Pourtant, loin de n'être qu'une fresque hollywoodienne sans âme, le "Alexandre" de Stone s'avère bien plus incisif qu'il n'y paraît (le scénario est d'ailleurs signé du réalisateur). Dans la forme, le film a tout d'une grande épopée : les millions de dollars sont étalés à l'écran, le casting est vertigineux (Colin Farrel, Angelina Jolie, Val Kilmer, Anthony Hopkins, Jared Leto et bien d'autres encore, ça fait baver...), les scènes de batailles sont extraordinaires, etc, etc. Rien de bien nouveau, surtout que dans l'ensemble, le film ne se place pas vraiment aux côté des grands péplums du milieu du XXème siècle, la faute à une interprétation trop bancal (certains en font trop comme Farrel ou Jolie, d'autres sont transparents comme Jared Leto, seul Val Kilmer s'en sort à peu près). et à une mise en scène beaucoup trop classique même si sur ce dernier point, Oliver Stone a tenté le tout pour le tout en faisant du too too much (voir la scène de bataille contre les perses).

 

 

 Oui mais voilà, l'homme derrière le script est le même qui a déjà flanqué un grand coup de pied aux fesses d'une certaine Amérique. Ce qui, malgré l'interprétation trop emporté de Colin Farrel, nous donne un portrait de l'un des personnages historiques les plus célèbres, tout à fait intéressant. Cruel tout d'abord. L'histoire nous est compté par Ptolémée (Anthony Hopkins), l'un des généraux d'Alexandre, qui semble porter une admiration toute particulière au "fils de Zeus". Cependant, outre son côté guerrier et expansionniste poussé à l'extrême, Alexandre cultive aussi une part sombre, despotique, qui l'amène à massacrer des gens pour des raisons peu évidentes. Mais le héros héllène est, à côté de ça, un grand humaniste qui vise le mélange des races et la liberté (celle des macédoniens bien sûr...) pour tous. Ce portrait mi-figue mi-raisin est la grande force du film. On se surprend à adorer et en même temps haïr le personnage. Oliver Stone nous livre donc SA vision d'Alexandre le Grand et l'entreprise se révèle être un franc succès outre ses défauts inhérents à ce genre de grosse production. Le voyage est, au final, des plus intéressants. L'une des pages historiques les moins traités au cinéma (entre la préeminence grecque et celle des romains) par l'un des plus grands trublions de cinoche ricain.

 

 

 

7/10

Publicité

Publié dans Cinéma

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article