L.627

Publié le par les tontons chroniqueurs

 

 

Date de sortie cinéma : 9 septembre 1992

Réalisé par : Bertrand Tavernier

Avec : Dider Bezace, Jean-Roger Milo, Charlotte Kady, ...

Français, 2h25

 

Lucien Marquet, enquêteur de police de 35 ans, croit, contrairement à bon nombre de ses collègues, encore en son métier. A travers ses investigations, ses découragements et ses espoirs, l'évocation du milieu des policiers affectés aux brigades des stupéfiants.

 

 

Oeil avisé dans le milieu des stups de Paris, Tavernier signe avec "L.627" l'un de ses meilleurs films et ce, pour plusieurs raisons. En premier lieu, Didier Bezace dans le rôle d'un flic de la brigade des stups se révèle étonnant de justesse et de sobriété tout en s'éloignant assez largement des archétypes de "héros-flic" comme le cinéma français a su nous en donner au cours des décennies passées. Physique passe-partout et personnalité à la fois confiante et désesperée, l'acteur français incarne l'un des plus beaux portraits du cinéma de Tavernier. A l'inverse du trop pathétique "Le Petit Lieutenant" de Xavier Beauvois, "L.627" dresse un tableau étonnament réaliste et juste du monde de la police qui évolue dans les milieux les plus dramatiques de la capitale française. Ici, pas de prise de position ou autre, juste le portrait subtil d'un métier parmi tant d'autres où, au final, tout le monde se retrouve dans la même merde. Pourtant, le film n'est pas chiant pour un sous. 2h25 certes mais 2h25 obligatoire dans la volonté de Tavernier de réaliser un film correct sur un boulot bourré de contradictions et en manque total de moyen, ce qui amène, toute proportion gardée, à un pourcentage conséquent de flics "hors-la-loi".

 

 

Comme souvent dans le cinéma de Tavernier, l'intrigue tissée autour d'un casting de gueules et de personnalités (et non pas de grands noms du cinoche hexagonal) se révèle très vite passionante : le quotidien d'un agent des stups visant à débarasser la ville des plus gros vendeurs d'héro, entre légalité et débordement. On adhère, d'autres fois non mais, ce qui est sûr, c'est que le cinéaste a obtenu ce qu'il voulait : faire un film sur un métier souvent décrié qui ne cherche ni a en faire l'apologie, ni à le démolir, juste à dresser l'image la plus proche de la réalité, le tout dans un univers peuplé de personnages et de situations taverniennes. Accrocheur et maîtrisé de bout en bout, "L.627" fait figure d'OVNI dans l'univers du film policier. Un OVNI qui fait pourtant figure de référence.

 

 

8/10

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Publié dans Cinéma

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