Vaudou, sectes et satanistes au cinéma

Publié le par les tontons chroniqueurs

 

Le cinéma d'horreur a toujours eu la particularité de nous effrayer par divers procédés : croyance en des monstres sanguinaires, peur d'un au-delà peuplé de fantômes meurtriers, extraterrestres belliqueux et bien d'autres choses encore. Parmi les moyens les plus couramment utilisés pour provoquer l'effroi chez le spectateur, il existe des films jouant sur l'exclusion à travers la découverte de mondes parallèles, dans notre société, dont l'avatar est, le plus souvent, le diable. Le héros, souvent sain d'esprit à la base, pénètre dans un univers aux bases humaines mais gouverné par des croyances ou des cultes qui dépassent l'imagination. S'ensuit un voyage dangereux où le personnage principal perd quelque chose de vital tel son innocence où un membre de sa famille au milieu de personnages désaxés et diaboliques.

 

 

Les deux exemples les plus frappants restent "Rosemary's Baby" de Roman Polanski (1968) et "The Wicker Man" de Robin Hardy (1973). Dans le premier, une jeune femme (Mia Farrow) se retrouve au milieu d'une bande de satanistes dont les desseins s'avèrent terrifiants mais justifiés à la fin d'une histoire où l'héroïne, malgré sa lutte acharnée face à ses visions, se retrouve dans une position plus que délicate... Même si le groupe de satanistes présent dans le film de Polanski s'avère supérieur en nombre face à la pauvre Mia Farrow, bien souvent, les sectes et autres groupes obscurs présents dans ces films ne constituent qu'une petite minorité dans notre monde actuel. Cependant, en choisissant très souvent des espaces restreints peuplés en grande majorité de fous furieux et de malades mentaux reliés par la même cause, les films centrés sur les sectes et satanistes s'avèrent étouffants pour le héros qui se retrouve bien souvent seul dans sa lutte acharnée et souvent inutile. Dans "The Wicker Man", un brigadier se rend sur une île au large de l'Ecosse pour enquêter sur la disparition d'une écolière. Catholique prononcé se refusant à toutes déviances, le personnage sera confronté à des autochtones délurés élevant le vice en vertu et qui viseront ,durant tout le film, à dévoyer le policier. La fin n'en sera que plus fracassante pour un héros qui préfère rester dans le droit chemin plutôt que d'ouvrir les yeux sur le monde qui l'entoure.

 

 

Bien d'autres films traitent d'un tel sujet. "La Septième victime" de Val Lewton et Mark Robson (1943) met en scène deux soeurs faisant face à une secte sataniste de Greenwich Village. Dans "La Course contre l'enfer" en 1975, des automobilistes sont pourchassé par des adorateurs de Satan et dans "La Neuvième Porte", signé par Polanski, un homme se lance à la recherche d'un livre sensé ouvrir les portes de l'enfer. Outre la religion, les deux autres sources dans lesquelles puise le cinéma d'horreur sont les conflits en les races et les classes. Le classique "Vaudou" de Val Lewton et Jacques Tourneur décrit les souffrances infligées par la magie "noire" du vaudou, savoir ancestral préservé dans le coeur et la mémoire des esclaves venus d'Afrique à des propriétaires européens perdus au milieu d'immenses plantations.  Enfin, le "Society" de Brian Yuzna (1989) met en scène un jeune homme de bonne famille mal à l'aise dans le milieu où il évolue. Il découvrira que la haute société est littéralement une espèce à part à laquelle il n'appartient pas. Au final, beaucoup de ces films se révèlent effrayant sur un point commun : découvrir que ces sociétés parallèles ont raison au détriment des valeurs de notre société. A partir de là, Lucifer n'a qu'un pas à faire...

 

Publicité

Publié dans Cinéma

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article