28 semaines plus tard
Date de sortie cinéma : 19 septembre 2007
Réalisé par : Juan Carlos Fresnadillo
Avec : Robert Carlyle, Rose Byrne, Harold Perrinau, ...
Britannique, 1h31
Il y a six mois, un terrible virus a décimé l'Angleterre et a transformé presque toute la population en monstres sanguinaires.
Les forces américaines d'occupation ayant déclaré que l'infection a été définitivement vaincue, la reconstruction du pays peut maintenant commencer.
Don a survécu à ces atroces événements, mais il n'a pas réussi à sauver sa femme et la culpabilité le ronge. Lorsqu'il retrouve ses enfants, Andy et Tammy, qu'il n'avait pas revus depuis la catastrophe et qui reviennent à Londres avec la première vague de réfugiés, il leur apprend la mort de leur mère. Partagés entre la joie des retrouvailles et le chagrin, tous trois tentent de se reconstruire et de reprendre une vie normale dans la ville dirigée par l'armée américaine.
Pourtant, quelque part, un effroyable secret les attend. Tout n'est pas terminé...
En 2003, Danny Boyle, l'un des réalisateurs british les plus talentueux de sa génération, apportait un coup de jeune aux films de zombards en mettant en scène une Angleterre apocalyptique où régnaient en maître des êtres humains transformés en monstres sanguinaires et véloces pas gentils du tout. Brutal et sans compromis, le réal de "Trainspotting" apportait sa pierre à l'édifice du ciné de morts-vivants, comptant désormais parmi les plus dignes successeurs du pape Romero (LA référence du film de zombie). 4 ans plus tard, Juan Carlos Fresnadillo, repéré grâce à "Intacto", film inégal mais surprenant par son originalité, prend la suite avec "28 semaines plus tard". Une suite qui va vite prendre le dessus sur un modèle pourtant illustre. Plusieurs raisons à celà. Le scénario tout d'abord qui ne se contente pas de faire dans le recyclage mais qui impose le film comme étant un véritable deuxième épisode continuant à développer l'édifice de Boyle. Nouvel acteur : l'armée américaine qui va vite se révéler être un ennemi tout aussi dangereux que les contaminés, n'usurpant pas son surnom de "gendarme du monde". Plus politisé, "28 semaines plus tard" ne perd pas de temps et développe son intrigue avec vitesse et précision pour nous plonger dans un Londres cauchemardesque où chaque être vivant représente un danger. Taillé par, on l'espère, un futur orfèvre du genre, le film laisse pantois de par son rythme infernal et sa violence autant psychologique que visuel (on retiendra l'abattage massif de zombies par une utilisation astucieuse de l'hélicoptère, une vraie boucherie).
L'autre atout majeur du film et et d'insérer la grande histoire (la perte de contrôle par les américains d'un Londres à nouveau envahi par le virus) dans un drame familial poignant et sans concession. Robert Carlyle, à la fois papa et super méchant, révèle tout son talent face à deux gosses plongés dans l'horreur la plu total. Sans oublier maman, qui trouve sa place dans LA scène du film qu'on pourrait appeller "Le baiser de la mort", une scène d'une intensité folle, chose devenue trop rare dans le cinéma de nos jours. Au bout d'une heure trente pendant laquelle le spectateur aura retenu son souffle d'effroi et de désespoir, le film se clotûre sur une séquence pessimisste, preuve que le réalisateur a été jusqu'au bout de son objectif : établir un portrait monstrueux d'une humanité qui cours à sa perte. Ici, pas de joie, pas de rire, juste l'angoisse d'une fin du monde toute proche sous la forme de la plus terrible des créations de l'homme : un virus dévoilant la face violente et aveugle de l'être humain. Et même la plus charmante de toutes les têtes blondes n'y pourra rien du tout...
8/10