Bubba Ho-Tep
Date de sortie cinéma : 15 février 2006
Réalisé par : Don Coscarelli
Avec : Bruce Campbell, Ossie Davis, Ella Joyce, ...
Américain, 1h32
Une petite ville de l'Amérique profonde est menacée par une terrible momie, Bubba Ho-tep, qui veut absorber l'énergie vitale des habitants. Afin de la combattre, deux pensionnaires de l'asile local unissent leurs forces. Parmi eux, l'authentique Elvis Presley et un homme qui se prend pour Jack Kennedy.
"Bubba Ho-Tep" ou comment transposer l'esprit Groland aux Etats-Unis en le mixant avec le meilleur du film de genre indépendant. Don Coscarelli (qui avait consacré jusqu'ici la majeure partie de sa carrière à la série des "Phantasm") et Bruce Campbell (le célèbrissime Ash des "Evil Dead") : une rencontre des plus explosives qui laissait rpésager le meilleur. Et le meilleur est arrivé. Mélant avec une habileté sans pareil le film de monstre (qui est ici, une momie assez particulière au visuel assez flippant) et la comédie façon Kervern-Delépine et Coen bros, Coscarelli donne naissance à un OVNI hilarant aux nombreuses répliques trash et décalées associées à un max de situations délirantes mettant en scène des grabataires essayant à tout prix de ne pas mourir d'ennui dans un hospice aussi lugubre que l'hôtel Overlook de "Shining". Elvis à la retraite accompagné d'un vieux timbré face à une momie suceuse d'âme, le tout dans l'un des endroits les moins cinématographiques de ce bas-monde. Le défi était énorme. Le résultat l'est tout autant.
La grande force du film est de ne pas verser dans le parodique pur et de donner à ses personnages principaux une véritable profondeur. Ici, la momie est véritablement dangereuse, des gens sont assassinés et les deux héros risquent réellement leur vie. Sérieux, mais très peu tout de même. Si la réflexion sur la fin de vie et la volonté d'exister jusqu'au bout du voyage est appréciable, la force du film réside incontestablement dans son aspect subversif. Coscarelli joue en permanence avec le décalage des situations. Les dialogues sont très crus alors que nous nous trouvons dans un hospice de vieux (il est assez rare de voir des personnes âgées utiliser à tout va des "trous du cul", "fils de pute" ou encore "banane de rocker", même la momie use d'un langage très familier), la momie a pour adversaires deux personnages à l'exact opposé d'un O'Connel version "La Momie" et la lenteur ambiante liée à l'âge avancé des protagonistes (seul point commun entre la momie et les héros) est temporisée par des décès multiples. Plus le film avance et plus on a du mal à y croire.
Mais "Bubba Ho-Tep" ne serait pas aussi bon sans son duo irrésistible de vieux timbrés. Campbell qui joue un personnage presqu'autobiographique (il n'a jamais vraiment réussi à rebondir après la saga de Sam Raimi et ce film apparaît comme une renaissance pour lui) nous rappelle les meilleures heures de sa carrière. Ossie Davis quand à lui, joue un type imperturbable dans son délire, un pur bonheur. Remplissant son contrat de film d'horreur (une bien belle momie et et un paquet de cadavres) mais plus encore celui de comédie à l'humour tantôt noir tantôt absurde, l'oeuvre de Don Coscarelli obtient son statut de petite oeuvre culte avec mention bon gros délire transgressif et régressif.
8/10