Arctic Monkeys. Humburg.
Après cette "critique", je vous emmenerai vers d'autres horizons, moins connus, parce qu'il n'y a pas que le rock dans la vie (je me fais attendre mais je vous réserve de belles surprises, du moins j'espère que vous y trouverai votre compte) Mais ne faisons pas de hors sujet, attardons nous sur le troisième album des singes de l'arctique. Inutile de vous les présenter et de présenter les débats à leur sujet. C'est le premier groupe à véritablement décoller grâce à internet à même pas vingt ans, venus de nulle part (c'est à dire Shettfield, une ville ouvrière sur laquelle planne une atmosphère d'ennui, mais l'ennui fait parfois des perles, surtout de l'autre côté de la Manche...combien de groupes anglais amblématiques nous viennent de Leeds ou Manchester...). Le premier album, Whatever people say I am, what's I am not sorti en 2005, est une véritable bombe Britpop survitaminée, parfois un peu brouillon mais l'energie spontanée qu'il dégage a un pouvoir de séduction immédiat... Le deuxième album, Favorite worst Nightmare sorti en 2007 est dans la continuité du premier, mais ne s'en démarque pas vraiment, c'est presque la même formule.
Pour leur troisième album, les Arctic Monkeys doivent innover, pour dépasser le "phénomène", et ils ont pris des risques en misant sur le changement, ce risque s'est révélé fructuant. Les gamins quittent le ciel brumeux de Shettfield pour un dépucelage américain, ou sera enregistré la moitié de l'album. Plus précisément aux studios de Joshua Tree, dans le désert américain, appartenant à... Josh Homme, monsieur Josh Homme guitariste de Kyuss, chanteur des Queens of the stone age, et du super groupe de la mort qui tue Them Crooked Vultures, avec Dave Grohl et John Paul Jones (rien que ça...). Autant vous dire que les singes sont à bonne école, et iles ne tarderons pas à s'acclimater à leur nouveau milieu. La preuve en dix chansons. Pris comme ça en bloc, aucun titre n'a le pouvoir de séduction immédiat d'un Fluorescent adolescent, l'abum déçoit à la première écoute, mais si on se donne la peine de l'écouter plusieurs fois; il se revèle d'une richesse insoupçonnée.
My propeller est une très belle ouverture, une mélodie très simple, accrocheuse sans être rentre-dedans. A la suite, le single Crying Lightning qui se révèle un peu plus à chaque écoute, tellement ce morceau est subtilement structuré (une excellente ligne de basse, des chorus de guitare très "Gretsch" et une voix qui ne pousse pas tout de suite mais qui sait se faire désirer). Alex turner n'a pas une voix exceptionelle mais il sait l'utiliser ( il suffit d'écouter la ballade My mistake were made for you , d'une qualité de composition que je juge "presque au niveau des Beatles" enregistrée avec son compère des Rakes pour leur projet The Last shadow puppets, unanimement salué par la critique et le public). On commence à sentir la griffe de Hommes sur Dangerous animals, un groove infernal, un peu répétitif, ce qui lui donne un aspect hypnotique, mais il manque quelque chose à ce morceau...peu être un véritable refrain. En tout cas il donne une couleur plus sombre qui ne ressemble pas aux AM, les textes sont toujours très bien maniés mais cette fois, le sujet est le Sado masochisme.. Secret door est un délice, le titre ne ment pas: il en dégage une atmosphère très intime, faussement naïve, avec de très beaux choeurs.Potion approaching est pleine de bonnes idées, mais mal utilisées: elle a des airs faussement britpop, faussement stoner... du coup, elle n'a plus l'air de rien. Il faut cependant noter un passage intéressant, le ralentissement à 2minutes10, qui revèle cette fois l'évidence: Josh Homme est derrière tout ça (on croit l'entendre dans les choeurs, on croit écouter du QOTSA en moins violent.). C'est exactement cette impression qu'on ressent à l'écoute de Fire and the Thud, surtout dans le son de guitare.
Cornerstone , très jolie ballade, est plus familière, ressemble plus à la composition d'Alex Turner, les textes aussi: "I thought i saw you in the battleship/ but It was only a lookalike...She was close, close enought too be your ghost/ but my chances turned to toast when I ask her if I could call her your name". Plus familière? "logique"... car celle ci a été enregistré à New York avec le producteur de leur deuxième album, James Ford.
Tout ce bruit pour en arriver à, pour moi, la partie la plus intéressante de l'album, Dancing little Liar, Petty visitors et The jeweller's hand. La première est faussement déstructurée, nous transporte à travers beaucoup d'émotions que chancun nommera personellement, la deuxième est dans la lignée speedée des premiers morceaux, la maturité et le doute en plus. The jeweller's hand clos magistralement un album qui ne l'est tout de même pas... 'les mains du joillier"...je me contenterai de citer les Inrocks: " et nul doute qu'à ce stade de sa carrière Alex Turner peut être considéré comme le tailleur de pierres le plus brillant en activité".
8/10