Christine

Publié le par les tontons chroniqueurs

 

Date de sortie cinéma : 25 janvier 1984

Réalisé par : John Carpenter

Avec : Keith Gordon, John Stockwell, Alexandra Paul, ...

Américain, 1h50

 

La premiere fois qu'Arnie vit Christine, il tomba en extase devant cette beauté aux formes eblouissantes. C'etait dit, ils allaient lier leurs destins pour le meilleur et pour le pire. Mais Christine, la belle plymouth, modele 57, n'aime pas trop les rivales. Gare a celles qui voudront approcher Arnie!

 

 

Lorsque l'un des plus grands artisans du film d'horreur (John Carpenter, auteur de "Halloween", "Fog", "The Thing", "L'Antre de la Folie" ou encore "Vampires") rencontre ce qui est peut être l'écrivain d'épouvante le plus célèbre de la fin du XXème et du début du XXIème siècle (Stephen King), on est en droit d'attendre un résultat assez scotchant. Sublime et terrifiante variation autour de l'amour, le roman "Christine" est sans nul doute l'une des oeuvres les plus puissantes du King. Carpenter n'a d'ailleurs pas failli en adaptant le bouquin, l'ambiance mélancolique et surréaliste de l'écrivain étant presque tout le temps au rendez-vous. On regrettera peut être le manque d'audace de la part du réalisateur qui ne retranscrit pas les passages les plus violents de l'oeuvre ce qui ne permet d'ailleurs pas au film d'avoir un impact aussi fort que le livre. Le thème de l'amour aveugle et dangereux est cependant bien traité, soutenu par la performance glaçante de Keith Gordon. Noir c'est noir, la vision de l'amour peinte dans "Christine" est totalement désesperante et sans issue. On touche ici au gros point fort du film qui ne fait aucun compromis sur son message d'un pessimisme rarement vu au cinoche.

 

 

Après avoir réalisé ce qui est sans nul doute l'un des films d'horreurs les plus réussis de l'histoire du cinéma deux ans plus tôt ("The Thing", aussi gore qu'oppressant), on attendait évidemment Big John au tournant, du moins, concernant son domaine de prédilection : le film d'horreur. "Christine" se démarque plus par sa violence psychologique que visuelle. Si quelques meurtres sont assez gratinés, l'ensemble reste très sage, contrairement au roman qui ne nous épargne pas en bouillie sanglante et autres cadavres putrides. Loin d'être totalement aseptysé, le film de Carpenter reste néanmoins assez pépère et ne se démarque vraiment que dans quelques séquences où la folie du personnage principal explose à l'écran (on retiendra surtout le discours enflammé d'Arnie à son meilleur ami sur l'autoroute en compagnie de quelques bières). Keith Gordon en profite d'ailleurs, durant ces séquences, pour nous scotcher sur place. Entre le début et la fin du film,  on aura rarement assisté à une transformation d'acteur aussi saisissante.

 

 

Bagnole furieuse, bagnole tueuse. La Plymouth jalouse nommée "Christine" est sans nul doute le personnage le plus marquant du film. L'atmosphère devient lourde à chacune de ses apparitions et ses jets de phares meurtriers nous transpercent tel un rayon de lumière diabolique. Les autres personnages ne font que subir son influence grandissante au fil des minutes jusqu'à un final héroïque où Caterpillar et voiture du Diable s'affrontent. Angoissante parabole tournant autour de la dépendance et de la passion, "Christine" aurait ironiquement mérité un peu plus d'investissement de la part de son réalisateur qui signe sans nul doute l'un de ses films les plus inpersonnels. La rencontre entre le King et Big John déçoit quelques peu mais cette oeuvre reste une adaptation tout à fait valable d'une histoire d'une intensité déroutante.

 

 

7/10

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Publié dans Cinéma

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