George A. Romero et le film de zombies (1)

Publié le par les tontons chroniqueurs

 

 

 

George Andrew Romero, né en 1940 à New York, s'est très vité spécialisé dans le film d'horreur gore et plus particulièrement dans un genre dont il est pratiquement à lui seul l'investigateur : le film de zombies. Beaucoup plus à l'aise avec ses morts-vivants qu'avec d'autres créatures fantastiques ou tueurs psychopathes (on gardera tout de même en mémoire le réussi "La Part des Ténèbres", une adaptation de Stephen King), Romero s'évertue à dresser une critique particulièrement acide et violente de la société américaine, de son racisme, de sa surconsommation, ... Avant de débuter un petit décryptage de l'oeuvre du maître, il serait bon de replacer l'apport du sieur Romero dans le cinéma d'horreur. Le zombie est un personnage issu du patrimoine culturel haïtien. C'est lors de l'occupation d'Haïti par les Etats-Unis dans la première moitié du XXème siècle que le zombie est apparu dans la culture américaine. Du personnage vaudou ensorcelé par un sortilège, Romero en a sorti un être humain revenu à la vie après la mort et qui se nourrit de chair humaine tout en contaminant le reste de la population. L'origine de ce mal reste bien souvent inconnu ce qui n'enlève rien à la force des films du réalisateur le plus prolifique en matière de morts-vivants.

 

Attention, des élèments essentiels de l'intrigue de chaque seront dévoilés si dessous.

 

 

La Nuit des morts-vivants (1970)

 

Premier film, premier choc. Situant l'essentiel de l'action dans une cabane aux alentours d'un cimetière, Romero explose littéralement les codes du cinéma en confiant le rôle principal à un acteur noir, en montrant aux spectateurs des scènes d'une violence rare pour l'époque et en s'autorisant une fin qui sonne comme une vraie claque dans la gueule. Tourné en noir et blanc, "La Nuit des morts-vivants" introduit donc le concept de zombie à la sauce Romero : des êtres décharnés, lents, amateurs de chair humaine et dénués de toute émotion. Deux des scènes les plus choquantes du film nous montre un jeune couple se faire grignoter morceaux par morceaux par une horde de monstres affamés et une petite fille transformée en zombie en train de dévorer et assassiner ses propres parents. Duane Jones, l'acteur principal interprète un homme noir dans la force de l'âge qui prend la survie d'un petit groupe en mains. Il subit les critiques constantes d'un des rescapés et ne réchappe pas à l'une des fins les plus radicales que le cinéma d'horreur ait porté. Romero a donné un premier coup de savate à une société américaine hypocrite et intolérante. Bien d'autres suivront.

 

 

 

 

Zombie (1983)

 

 

Sans aucun doute le film le plus connu du réalisateur américain (remaker dans les années 2000 par Zack Snyder sous le titre "L'Armée des Morts"), soutenu par Dario Argento, l'un des maîtres du giallo italien, et allant toujours plus loin dans le transgressif et l'anticonformisme, "Zombie" est l'une des oeuvres phares du ciné d'épouvante. Toujours centré sur un groupe de survivants, le film nous décrit leur survie dans un immense centre commercial et ce, pendant plusieurs semaines. Les morts, représentations cyniques du consommateur-types assiègent donc le centre commercial dans l'unique but...de consommer. A côté de vivants qui s'entre-déchirent autour de la propriété, les morts portent haut l'étendard de la société consommatrice d'après-guerre. J'existe parce que je consomme. Plus trash mais moins pessimiste que son prédécesseur, "Zombie" offre un nouveau design à ses vedettes monstrueuses grâce à Tom Savini, le pape des effets spéciaux zombiesques (aussi réalisateur du remake de "La Nuit des Morts-vivants" et habitué à faire des apparitions dans les films de Robert Rodriguez). Romero à tout compris en alliant l'horreur la plus crade à un sujet brûlant sur notre société. "Zombie", c'est du génie sur pellicule.

 

 

A suivre...

Publicité

Publié dans Cinéma

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article