Inception
Date de sortie cinéma : 21 juillet 2010
Réalisé par : Christopher Nolan
Avec : Leonardo Di Caprio, Marion Cotillard, Ellen Page, ...
Américain, britannique; 2h28
Dom Cobb est un voleur expérimenté – le meilleur qui soit dans l’art périlleux de l’extraction : sa spécialité consiste à s’approprier les secrets les plus précieux d’un individu, enfouis au plus profond de son subconscient, pendant qu’il rêve et que son esprit est particulièrement vulnérable. Très recherché pour ses talents dans l’univers trouble de l’espionnage industriel, Cobb est aussi devenu un fugitif traqué dans le monde entier qui a perdu tout ce qui lui est cher. Mais une ultime mission pourrait lui permettre de retrouver sa vie d’avant – à condition qu’il puisse accomplir l’impossible : l’inception. Au lieu de subtiliser un rêve, Cobb et son équipe doivent faire l’inverse : implanter une idée dans l’esprit d’un individu. S’ils y parviennent, il pourrait s’agir du crime parfait. Et pourtant, aussi méthodiques et doués soient-ils, rien n’aurait pu préparer Cobb et ses partenaires à un ennemi redoutable qui semble avoir systématiquement un coup d’avance sur eux. Un ennemi dont seul Cobb aurait pu soupçonner l’existence.
Il monte, il monte le petit Christopher Nolan, même si "petit" ne semble pas être le qualificatif adapté à un réalisateur qui aura marqué d'une empreinte gigantesque le début cinématographique du nouveau millénaire. 2 ans après "The Dark Knight", une véritable institution du film de super-héros, Nolan réinvente tout. Avec "Inception", le réalisateur britannique nous colle sous les yeux une expérience hors du commun. Emmener le spectateur dans les méandres du rêve, du cauchemar, de l'obsession, de la folie, le tout sur fond de romance, thriller, science-fiction, action, il fallait le faire! Le cinéaste se fait l'inventeur du blockbuster d'auteur et ce, pour notre plus grand plaisir. Visuellement, le film est peut être moins impressionant que la précédente oeuvre du réalisateur. Il n'en reste pas moins qu'à privilégier le mécanique au numérique, "Inception" porte en lui une beauté épurée qu'on ne pourra apprécier qu'en revisionnant le film. Les rêves, qui évitent l'onirisme le plus poussé, servent un scénario implacable qui fera sûrement date dans l'histoire du 7ème art.
Durant le premier visionnage, il s'avère quasiment impossible d'appréhender l'histoire dans sa totalité. Le film fourmille d'idées géniales, aussi bien visuelles que narratives. Nolan préfère traiter l'aspect psychologique du monde des rêves en l'ancrant dans un univers on ne peut plus terre-à-terre, celui de l'espionnage industriel. Ne se contentant pas de partir d'un point A vers un point B, "Inception" dévoile un scénar béton à la manière de cercles concentriques reliés par des passages que l'on découvre 1h, 5h ou 3 jours après (dans nos rêves ou non). Au milieu, le personnage interprété par Di Caprio, ciselé d'une main de maître par un auteur qui s'est définitivement posé sur la planète des génies cinématographiques, n'a aucun secret pour nous et se met à nu jusque dans les recoins les plus sombres de son esprit. Impressionant, glaçant, génial. On ne cesse de tourner et retourner des images, des phrases, des objets dans notre esprit pour comprendre, pour prendre l'ampleur de la chose. Mais il semble que Christopher Nolan ait rédigé une histoire d'une complexité et en même temps d'une clarté hallucinante. C'est juste qu'à balancer une idée géniale toutes les 30 secondes, nos pauvres esprits ne semblent pas être en mesure de suivre le rythme.
Réunissant tout ses thèmes favoris (la quête d'identité, le pouvoir de l'esprit sur le corps, ...), "Inception" semble être le film qui fait passer Christopher Nolan dans la cour des très grands. La véritable démonstration de mise en scène que s'autorise le cinéaste, notamment dans les derniers trois quarts d'heure qui dépassent à eux seul 95% des productions à suspense hollywoodiennes, fait plaisir à voir. De plus, le casting est ultra-solide, composé en majorité d'acteurs pas toujours très connus mais qui ont tous fait leur preuve dans d'excellents films (Ken Watanabe, Ellen Page, Cillian Murphy, ...). Leonardo DiCaprio profite notamment de ce chef d'oeuvre pour accéder au nirvana de sa profession. Fiévreux, complexe, torturé, l'évolution de son personnage ressemble à une véritable psycho-thérapie. Immersion, compréhension, extase. Trois mots qui, mis à la suite l'un de l'autre, résument parfaitement ce qu'est "Inception" et ce que devrait être plus souvent le 7ème art. Métaphore du cinéma? Peut être, pourquoi pas, mais ce qui est sûr, c'est qu'on tient l'une des oeuvres les plus démentielles traitant de ce qui est à la base du cinéma : le rêve.
9/10