The American

Publié le par les tontons chroniqueurs

 

 

Date de sortie cinéma : 27 octobre 2010

Réalisé par : Anton Corbijn

Avec : George Clooney, Thekla Reuten, Bruce Altman, ...

Américain, 1h43

 

 

Jack est un tueur à gages habile et expérimenté. Toujours en alerte, il n’a aucune attache. Quand une mission tourne mal et lui coûte la vie de la femme qu’il aime, il se fait la promesse que son prochain contrat sera le dernier.
Cette ultime mission le conduit dans un pittoresque village italien niché dans de hautes collines. Mais pour Jack, chaque lieu peut se révéler un piège et chaque personne une menace. Toutefois, il prend goût aux confidences échangées autour d’un armagnac avec le prêtre du village, et se laisse entraîner dans une liaison avec une belle Italienne. Mais en baissant la garde, Jack prend peut-être des risques.
Une menace semble se rapprocher, et la mystérieuse femme qui l’a engagé n’est peut-être pas ce qu’elle prétend. Alors que Jack, de plus en plus méfiant, envisage de vivre, aimer et mourir en Italie, la tension monte jusqu’à la confrontation ultime, dans le dédale des ruelles escarpées du village.

 

 

Le film noir a connu de nettes évolutions depuis les années 40. A partir de la génération Coen-Lynch-Tarantino, le film noir s'est davantage penché sur le tueur à gages, personnage dont l'humanité ne semble pas si évidente que ça. Après le magnifique "Control" qui retraçait le parcours du groupe Joy Division, Corbijn débarque aux States avec pour mission de confirmer cette belle promesse avec "The American", ou l'histoire d'un tueur solitaire, parano et dépressif dominé par la fatalité et l'amour. L'histoire est d'une simplicité déconcertante : un tueur recherchant une vie qui lui est interdite se foire et va connaître l'ultime épreuve qui décidera de son avenir. Comme beaucoup de films de ce genre, l'oeuvre de Corbijn ne bénéficie pas d'un scénar très original. Les codes du genre sont là, la surprise n'est jamais vraiment présente et l'histoire, bien que très fluide et captivante, ne relève pas vraiment du génie. Le véritable intérêt de ce film est à rechercher auprès de son metteur en scène et de ses acteurs avec en tête de proue, un comédien qui ne cesse de participer à l'essor du cinéma indépendant américain : George Clooney.

 

 

Présent dans la presque quasi-totalité des images, Clooney se transforme en machine sentimentalo-meurtrière sous la caméra immersive d'un réalisateur qui promet décidemment beaucoup. Implacable, halluciné, paranoïaque, l'ex-Batman se révèle comme l'un des meilleurs acteurs de sa génération en dessinant le portrait d'un tueur au quotidien, enfermé dans une vie exclue du cheminement de l'humanité. Anton Corbijn y est d'ailleurs pour beaucoup. Alignant les plans magnifiques et sereins et les séquences où le suspens règne en maître, le cinéaste confirme largement ce qu'il avait laisser entrevoir sur "Control", d'une autre manière, certes, mais avec une tenue toujours aussi mélancolique et paisible. Sans surprise du début à la fin, "The American" se caractérise surtout par sa beauté formelle et son attachement vis-à-vis de la routine d'un tueur à gages (hallucinations, sommeil agité, boulot visant à construire un fusil précis pour une tâche précise, relations avec des prostituées, meurtres violents, ...). Un sujet intéressant mais mal exploité qui se laisse largement compenser par une petite claque de mise en scène et un premier rôle au top.

 

 

7/10

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Publié dans Cinéma

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