La guerre du Viêtnam au cinéma

Publié le par les tontons chroniqueurs

 

Petit rappel : entre 1959 et 1975, la République Démocratique du Viêtnam (Nord-Vietnam) et la République du Viêtnam (Sud-Vietnam) se livre l'une des guerres les plus célèbres et les plus violentes du XXème siècle. Si l'industrie cinématographique s'est largement inspiré de cet épisode, c'est parce que les Etats-Unis s'y investirent massivement et que l'image du pays en sortit dégradée et ternie. Ayant marqué une grande part de cinéastes (participant ou non à la guerre), la guerre du Viêtnam est sans doute l'un des sujets les plus contestataires au cinéma. Ce conflit fit prendre une autre dimension au 7ème art en lui donnant une valeur critique, politique et engagée comme jamais auparavant. Les plus grands s'y attelèrent (Kubrick, Coppola, De Palma, Stone, ...) avec pour seul objectif d'éclairer les horreurs de la guerre, mettre à bas la propagande américaine et mettre en lumière les côtés les plus sombres de l'humanité. Seuls quelques oeuvres firent l'apologie du conflit avec en tête de proue "Les Bérets Verts", réalisé par Ray Kellog et le plus célèbre antimilitariste hollywoodien, John Wayne.

 

 

L'histoire commence en 1967 avec "La Sixième Face du Pentagone", docu français relatant le mouvement de la jeunesse américaine à travers une marche de 100 000 personnes vers l'un des symboles les plus aggressifs au monde, le Pentagone. Pour traiter la guerre du Viêtnam au cinéma, il existe plusieurs façons. Sur le terrain tout d'abord, procédé le plus courant qui a accouché de nombres de chefs d'oeuvres. "Apocalypse Now" de Francis Ford Coppola, film démentiel et voyage sans retour dans les profondeurs les plus folles de l'âme humaine. Ici, la guerre transforme, déforme et suinte le malaise et la folie. Dans la même veine mais en moins grandiose, "Platoon" d'Oliver Stone se place aussi parmi les oeuvres les plus marquantes sur le sujet. D'autres films s'attachent à montrer l'homme avant la guerre et la machine qu'il est devenu à la fin. On ne peut que citer le coup de génie de Stanley Kubrick, "Full Metal Jacket" avec son instructeur aussi sympathique qu'un Terminator sous speed. "Outrages" de Brian De Palma prend le chemin inverse : tourner tel un cauchemar, le film tourne autour du personnage interprété par Michael J.Fox qui assiste au viol et au meurtre d'une jeune vietnamienne par son unité. Dans la seconde partie du film, le héros devra retrouver son humanité en dénonçant les crimes commis par ses anciens amis. Michael Cimino quand à lui décide de nous donner un avant, pendant et après avec son "Voyage au Bout de l'Enfer" manquant un peu d'engagement mais offrant des scènes de toute première qualité (le fameux duel à la roulette russe, plus stressant que 3 Exorcistes).

 

 

 Parfois, on peut critiquer la guerre du Viêtnam sans la montrer. C'est le cas du film de Milos Forman, "Hair", comédie musicale hippie dénonçant vivement le conflit. "Rambo", sous ses allures de gros bras, reste un film contestataire à travers l'incompréhension d'un peuple face à ses vétérans qui ont vécu l'horreur la plus dure. "Forrest Gump", film populaire par excellence, égratigne lui aussi l'engagement des Etats-Unis dans cette guerre. On pourra encore citer "Né un 4 juillet" et "Entre Ciel et Terre" d'Oliver Stone,  "Le Retour" d'Hal Ashby ou encore "Rescue Dawn" de Werner Herzog. Ce qui est sûr, c'est que la guerre du Viêtnam, l'un des épisodes les plus noirs de l'histoire des Etats-Unis, aura permis au cinéma engagé de prendre son envol avec en prime, des films légendaires réalisés par les plus grands génies de la pellicule.

 

 

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Publié dans Cinéma

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