May
Date de sortie cinéma : 10 mars 2004
Réalisé par : Lucky McKee
Avec : Angela Bettis, Jeremy Sisto, Anna Faris, ...
Américain, 1h34
May travaille dans un cabinet vétérinaire. C'est une jeune fille timide et complexée qui a beaucoup du mal à se faire des amis et dont l'attitude est étrange aux yeux des autres. Elle partage son appartement avec sa seule vraie amie, une poupée que lui a donné sa mère quand elle était petite.
Un jour, elle flirte avec un jeune mécanicien intrigué par son attitude. Leur relation ne dure pas longtemps et après d'autres brèves rencontres sans lendemain, May décide de se fabriquer elle-même un amant idéal...
Petite pépite de l'horreur made in US des années 2000, "May" nous raconte l'histoire d'une jeune fille solitaire à la recherche de sa moitié. Problême, la fille en question souffre de petits troubles psychologiques liés à un attrait particulièrement malsain pour le morbide et le gore. La suite est un véritable feu d'artifice d'hémoglobine. En réalisant "May", Lucky McKee relevait un sacré défi : se permettre, dès son premier film, de mettre en scène une histoire d'horreur qui mettrait mal à l'aise le plus averti des cinéphiles mad. Pas de concession, pas de fioriture, beaucoup de scènes à la limite du supportable (dès le début d'ailleurs), McKee rentre dans le vif du sujet pour le plus grand plaisir des amateurs de ciné choc et ultra-violent. Son héroïne, incarnée par Angela Bettis, est la pièce centrale du film. May incarne toute la folie du monde dans ses amours et ses erreurs. On veut parfois l'aimer, d'autre fois l'aider mais surtout, on espère ne jamais la rencontrer. Bettis, totalement habitée, pousse la folie à son paroxysme lors d'une scène finale qui restera dans les mémoires, pleine de sang et de larmes...
Influencé par le giallo italien, l'oeuvre de McKee divise. Cette histoire d'amour impossible prend parfois des allures de tragédie ultime où l'univers engloutirait les plus faibles d'entre nous dans une démence sans limite. Déprimant. Mais cette succession de scènes gores peut aussi nous indiquer que la pauvre May est habitée par les flammes de l'enfer et que nous sommes en face d'un film gore jouissif qui se permet les pires déviances. Love story morbide, tragédie moderne ou gore extrême, "May" est avant tout une oeuvre à part naît de l'imagination tortueuse d'un cinéaste qui promet de marquer les esprits. Touché par la grâce de son actrice principale qui porte tout autant le film sur ses épaules que son créateur originel, "May" vous remue les tripes en laissant de côté toute notion du vraisemblable dans sa dernière partie. Une seule chose à dire : osez l'expérience.
7/10