Les Emotifs anonymes
Date de sortie cinéma : 22 décembre 2010
Réalisé par : Jean-Pierre Améris
Avec : Isabelle Carré, Benoît Poelvoorde, Lorella Cravotta, ...
Français, belge ; 1h20
Jean-René, patron d’une fabrique de chocolat, et Angélique, chocolatière de talent, sont deux grands émotifs.
C’est leur passion commune pour le chocolat qui les rapproche. Ils tombent amoureux l’un de l’autre sans oser se l’avouer. Hélas, leur timidité maladive tend à les éloigner.
Mais ils surmonteront leur manque de confiance en eux, au risque de dévoiler leurs sentiments.
Souffle de fraîcheur dans un cinéma français qui n'aura pas forcèment privilégié l'humour et la bonne humeur en cette année 2010, "Les Emotifs anonymes" arrive sur nos écrans quelques jours avant Noël dans un tourbillon de couleurs, de saveurs et d'amour. Plutôt que de se taper une énième histoire d'amour où monsieur gonfle les pectoraux pour impressionner madame et vice-et-versa (et hop, aucune allusion sexuelle visible), Jean-Pierre Améris préfère une romance pétillante et maladroite dans laquelle les émotions prennent tellement de place qu'elles se révèlent à la fois perturbatrices et sources de bonheur. Avec son léger ton à la "Amélie Poulain" (le chocolat au centre de l'histoire, les couleurs assez vives, les enseignes surréalistes, les chansons, ...), "Les Emotifs anonymes" se fait le porte-flambeau d'un cinéma français inventif et sans complexe où les problêmes semblent disparaître au fil des minutes.
Mais le film ne serait pas aussi réussi et attendrissant sans ses deux acteurs principaux. Géniaux du début à la fin, la très jolie Isabelle Carré et le loufoque Benoît Poelvoorde s'en donnent à coeur joie dans des rôles plus que compliqués (le travail d'acteur semble multiplié par deux, les acteurs devant constamment faire preuve d'une émotivité surdimensionnée). Si la durée du film et le peu d'approfondissement des personnages secondaires ne permettent pas au film de surpasser son état de sucrerie euphorique et touchante (pas vraiment de grands seconds rôles important pour l'histoire, juste des protagonistes aidant à tracer le chemin de l'amour à petits coups de mains pour les deux héros) , "Les Emotifs anonymes" redonne néanmoins du peps à un cinoche français qui s'est contenté de porter le film de Jeunet au-dessus de la mélée sans se soucier de lui donner des avatars dignes de ce nom. A présent, c'est fait.
7/10