Top ciné 2010
Un peu en retard certes mais toujours présent, je vous livre le top de mes 10 films favoris sortis l'année dernière. Une année assez moyenne au final même si les deux premiers du classement se rangent directement dans la section "chef d'oeuvre instantané".
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1)Inception (Christopher Nolan)
Après nous avoir livré LE film de super-héros ("The Dark Knight"), Nolan nous livre LE film du nouveau millénaire. Renvoyant "Matrix" dans le parc à délires des frères Wachowski, "Inception", c'est un scénario diabolique, un visuel époustouflant et un casting de premier choix, Di Caprio en tête. Le réalisateur nous trimballe de scènes cultes en scènes cultes dans un monde à mi-chemin entre réalité et songe, le tout supporté par une mise en scène qui relève du jamais vu. Nolan entre dans la cour des très grands, Di Caprio aussi et "Inception" se place déjà comme l'un des tout meilleurs films des années 2000.
2)Shutter Island (Martin Scorsese)
Ambiance cauchemardesque, personnages fous à lier ou inquiêtants et flash-back funeste, Scorsese vient de réaliser le film le plus abouti sur la folie. En la vivant comme une expérience cinématographique intense, le réalisateur de "Taxi Driver" emmène le spectateur en terrain inconnu et repousse les frontières du simple cinéma-divertissement. On en ressort marqué et torturé si bien que "Shutter Island" se place sans problême comme l'une des oeuvres les plus dérangeantes du cinéaste.
3)Toy Story 3 (Lee Unkrich)
Le premier "Toy Story" marqua un tournant décisif pour Disney et fut la première pierre qui décida du sort de la 2D au sein de la machine à rêves. Cette fois, le troisième "Toy Story" est en relief et on s'en fout. Bah oui, parce qu'au final, si "Toy Story 3" se révèle être la meilleure production Pixar à ce jour, c'est en grande partie à cause de son histoire, pastiche de divers films tout en restant dans une originalité qui a fait la force des studios. Subtil, touchant et drôle, le troisième épisode de la saga mettant en scène le cow-boy et le spaceman n'empreinte jamais les chemins de la facilité et se voit doté d'une animation sublime qui se suffit à elle-même.
4)The Social Network (David Fincher)
Un film sur Facebook dirigé par David Fincher. A défaut de faire saliver, le projet semblait original. Mais voilà, Fincher a plus d'un tour dans son sac et transforme ce qui n'aurait pu qu'être un biopic morne et inutile en véritable peinture de toute une époque. A travers le destin de Marck Zuckerberg (formidablement bien interprété par Jesse Eisenberg), Fincher nous raconte le devenir d'une jeunesse dans une société de moins en moins humaine. Soutenu par le magnifique score de Trent Reznor, "The Social Network" est un film magnifique et mélancolique, reflet d'une génération perdue dans les limbes d'un monde artificiel.
5)Bad Lieutenant : escale à la Nouvelle-Orléans (Werner Herzog)
Il y a deux Nicolas Cage. Il y a celui qui se fourvoie dans des rôles abominables et inexistants de blockbusters irregardables. Et puis il y a le génie, le fou, celui qui déniche des rôles sur-mesure pour son jeu mélant excès et sobriété. "Bad Lieutenant" est un défouloir pour Cage et une occasion pour Werner Herzog de se retrouver à nouveau sur le devant de la scène. Polar unique en son genre, le film de Herzog ne laisse aucun temps mort au spectateur et se révèle être une cour de récré géante pour le talent de Nicolas Cage. Cynique, violent et drogué jusqu'aux yeux, "Bad Lieutenant : escale à la Nouvelle-Orléans" a tout les ingrédients pour devenir une petite pépite du cinéma indépendant américain.
6)Machete (Robert Rodriguez et Ethan Maniquis)
Attendu depuis la sortie de "Planète Terreur", "Machete", le divertissement 100% burné du père Rodriguez a donc débarqué sur nos écrans l'année dernière. Ultra-trash, "Machete" est le film de série B ultime, le plus parodique de son réalisateur mais aussi le plus engagé sur le sujet des chicanos franchissant la frontière mexicano-américaine. Plaisir coupable et défouloir monstre, le film de Robert Rodriguez ne déçoit pas et se regarde comme un boulet de canon faisant exploser la White House.
7)Kaboom (Gregg Araki)
Spécialisé dans l'univers des moeurs adolescentes et estudiantines d'une Amérique délurée, Gregg Araki passe la vitesse supérieure en diluant cet univers dans un monde irréel et pré-apocalyptique. Le concept est tout simplement fou mais le plaisir est au rendez-vous face à cette galerie de jeunes sexuellements actifs confrontés à des problêmes qui dépasseraient n'importe quelle personne de leur âge. "Kaboom" est une explosion de couleurs, d'amour, d'amitié et de folie, un film à la fois dérangeant et attachant qui s'autorise l'un des finals les plus culottés de l'année passée.
8)Kick-Ass (Matthew Vaughn)
Le film de super-héros est un genre qui a ses règles et ses codes. "Kick-Ass", c'est le film qui fout tout en l'air. Le héros est un loser de première et la violence n'a rien de comics (même si ce n'est pas non plus des flots de sang rouge-noir déversés toutes les minutes). Décomplexé et fun, "Kick-Ass" est un pastiche de films de super-héros qui s'autorise toutes les déviances. Violent mais pas noir, le film de Matthew Vaughn est un véritable feu d'artifice mélant du grand n'importe-quoi à une vraie histoire reprenant les codes du super-héros à la sauce "Kick-Ass". Original et jouissif.
9)Laisse-moi entrer (Matt Reeves)
S'il y avait bien un film ne méritant pas de remake, c'était bien "Morse" de Thomas Alfredson, histoire de vampires à travers des yeux d'enfants. Pourtant, "Laisse-moi entrer" est à la fois différent de l'original, assez en tout cas pour qu'on y jette un oeil, et fidèle aux points principaux de l'intrigue. A la fois modèle de fidélité et relecture américaine d'une oeuvre à tomber par terre, le film de Matt Reeves mérite le détour, ne serait-ce que pour découvrir ou redécouvrir cette histoire très forte d'un attachement entre deux enfants issus de différents mondes. De plus, la violence n'est pas dissimulée, tout comme dans l'original, alors attention aux âmes sensibles.
10)Sherlock Holmes (Guy Ritchie)
Célèbre pour ses films de gangsters chorals, Guy Ritchie n'avait jamais vraiment excellé ailleurs. C'est chose faite avec cette relecture géniale de l'histoire du détective privé le plus célèbre d'Angleterre. Incarné par un Robert Downey Jr au sommet, "Sherlock Holmes" renaît de ses cendres dans un divertissement mené tambour battant et sans fausse note. Explosant d'inventivité, Ritchie s'éclate totalement et nous fait passer un moment de pur bonheur devant ce film plus action qu'investigation.