Memento

Publié le par les tontons chroniqueurs

 

Date de sortie cinema : 11 octobre 2000

Réalisé par : Christopher Nolan

Avec : Guy Pearce, Carrie-Anne Moss, Joe Pantoliano, ...

Américain, 1h56

 

Leonard Shelby ne porte que des costumes de grands couturiers et ne se déplace qu'au volant de sa Jaguar. En revanche, il habite dans des motels miteux et règle ses notes avec d'épaisses liasses de billets.
Leonard n'a qu'une idée en tête : traquer l'homme qui a violé et assassiné sa femme afin de se venger. Sa recherche du meurtrier est rendue plus difficile par le fait qu'il souffre d'une forme rare et incurable d'amnésie. Bien qu'il puisse se souvenir de détails de son passé, il est incapable de savoir ce qu'il a fait dans le quart d'heure précédent, où il se trouve, où il va et pourquoi.
Pour ne jamais perdre son objectif de vue, il a structuré sa vie à l'aide de fiches, de notes, de photos, de tatouages sur le corps. C'est ce qui l'aide à garder contact avec sa mission, à retenir les informations et à garder une trace, une notion de l'espace et du temps.

 

 

A l'approche du nouveau millénaire, le jeune Christopher Nolan est encore loin d'être connu. Si le cinéaste anglais est passé en 10 ans du statut de jeune premier à celui de cinéaste majeur en plein ascension, c'est surtout grâce à "Memento", son premier film sur la scène internationale. Comme la plupart de ses films à l'avenir, le cinéaste à distillé dans son film une atmosphère étrange, un jeu constant entre réalité et fiction qui fera du cinéma de Nolan ce qu'il est à présent ("Le Prestige" ou "Inception"). Ici, pas de magie ou de machines à rêves, juste le délitement de la mémoire d'un jeune homme qui se retrouve à marquer son passé sur son corps et sur divers bouts de papiers. Pour ne pas perdre son public, Nolan use de filtres de couleurs ou de répétitions de scènes passées, si bien que le tout semble d'une fluidité exemplaire même si l'histoire, assez complexe, en rebutera plus d'un. Par chance, le réalisateur ne s'est pas contentée de nous servir un simple thriller. Il s'agit plutôt d'une histoire basée sur l'importance des souvenirs et de cette mémoire qui définie nos actes et qui nous définie.

 

 

 

 

Pouvoir des souvenirs, artifices de la mémoire, influence malsaine d'opportunistes (l'ultra-sexy Carrie-Anne Moss et Joe Pantoliano), Nolan ne se contente pas de suivre l'enquête de son héros et multiplie les effets de mise en scène et les variations autour de la mémoire pour nous servir un final sombre et aliénant. Guy Pearce, coquille vide vouée à une vengeance sans borne, apporte le charisme d'un homme détruit mais déterminé à retrouver les responsables de son malheur. "Memento" est aussi et surtout une véritable prouesse en terme de mise en scène, support de Nolan pour ses réalisations futures. Si le cinéaste perd parfois son personnage principal dans les méandres de sa quête, il n'en oublie pas pour autant le spectateur grâce à un montage particulier qui commence par la "fin" et se termine pas le "début". Ainsi, "Memento" est un véritable plaisir car si la reconstitution de l'histoire est difficile à faire, le puzzle se déroulant devant nos yeux devient un exercice aussi perturbant que génial. L'immersion dans la peau du personnage est donc total et on se prend à partager ses doutes et ses peurs. Christopher Nolan frappe un grand coup avec "Memento" et réalise l'une des meilleures oeuvres sur la frontière entre réalité et fiction.

 

 

8/10

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Publié dans Cinéma

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